La chlordécone est l’un des dossiers environnementaux et sanitaires les plus suivis de l’outre-mer français. Pesticide longtemps utilisé dans les bananeraies de Martinique et de Guadeloupe, il a contaminé durablement les sols, les eaux et une partie de la chaîne alimentaire des Antilles. En juin 2026, la communauté scientifique se réunit pour partager l’état des connaissances et tracer des pistes d’action. Cet article fait le point, à partir des informations publiées par les organisateurs et les organismes publics de référence.
Le colloque 2026 : qui, quand, où #
Le colloque « Chlordécone, comprendre et agir » se tient du 23 au 25 juin 2026 à l’Université des Antilles, en Martinique. Il est organisé par le Comité de pilotage scientifique national (CPSN), qui coordonne la recherche publique sur ce sujet. Près de 300 chercheurs, experts et acteurs de terrain sont attendus pour confronter leurs travaux dans une logique « Une seule santé » (One Health), articulant santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes.
Le programme annoncé mêle présentations introductives, communications orales et posters, intervention d’un conférencier invité, temps de discussion et un atelier collaboratif multi-acteurs. Cet atelier vise à esquisser un projet de démonstrateur territorial « solutions chlordécone », destiné à tester et déployer des innovations concrètes pour réduire les expositions. L’événement est accessible gratuitement sur inscription et retransmis en webinaire. Le 26 juin, un « Village Chlor’Acteurs » ouvrira ses portes au grand public pour faire le lien entre recherche, acteurs locaux et citoyens.
Qu’est-ce que la chlordécone #
La chlordécone est un insecticide de la famille des organochlorés. Aux Antilles françaises, elle a été utilisée dans les bananeraies entre 1972 et 1993, principalement pour lutter contre le charançon du bananier. Interdite aux États-Unis dès 1977, puis en France en 1990, elle a continué à être employée en Martinique et en Guadeloupe jusqu’en 1993 à la faveur de dérogations. C’est cette période d’usage prolongé qui est au cœur du dossier mémoriel et juridique.
La molécule est particulièrement persistante : elle se dégrade très lentement dans l’environnement et s’est accumulée dans les sols volcaniques tropicaux de l’archipel. Selon les organismes scientifiques publics, cette pollution peut concerner les eaux, les cultures et certains organismes aquatiques, ce qui explique pourquoi le sujet associe étroitement enjeux agricoles, environnementaux et sanitaires.
Repère
Information
Nature Insecticide organochloré, très persistant Usage aux Antilles Bananeraies, 1972 à 1993 Interdiction États-Unis dès 1977, France 1990, fin d’usage 1993 Milieux concernés Sols, eaux, cultures, organismes aquatiques Colloque 2026 23 au 25 juin, Université des Antilles, Martinique
Les axes de recherche du colloque #
Le colloque s’organise autour de trois grandes familles de questions, qui structurent aussi la recherche publique sur le sujet : la contamination des milieux et des chaînes alimentaires, les impacts sanitaires et sociaux, et les innovations pour réduire les risques, dépollution des sols comprise.
Contamination des sols
Effets sanitaires
Dépollution & solutions
Sur le volet sanitaire, les organismes publics rappellent que des travaux sont menés depuis 2004 pour mieux connaître l’exposition des populations antillaises. Santé publique France et l’Inserm ont notamment reconstitué une cohorte de travailleurs de la banane à partir d’archives, afin d’étudier l’état de santé de cette population fortement exposée à divers pesticides. L’ANSES, de son côté, travaille sur les risques liés à l’alimentation. Le colloque a vocation à présenter et à discuter ces travaux entre pairs.
Les enjeux pour les Antilles #
Au-delà de la science, la chlordécone constitue un dossier sensible pour la Martinique et la Guadeloupe, à la croisée de la santé publique, de l’agriculture, de l’économie et de la mémoire collective. Le sujet a fait l’objet de travaux parlementaires et de débats sur la responsabilité de l’État et l’indemnisation des victimes. C’est dans ce contexte que le colloque entend rapprocher les connaissances scientifiques et les attentes des populations concernées.
Comprendre et agir : c’est l’articulation même que le colloque 2026 cherche à incarner, en faisant dialoguer chercheurs, experts et acteurs de terrain.
L’ouverture au grand public, avec un webinaire et le « Village Chlor’Acteurs » du 26 juin, traduit cette volonté de transparence. L’idée est de donner accès aux travaux scientifiques au-delà du cercle des spécialistes, dans un territoire où la confiance entre population, recherche et pouvoirs publics reste un enjeu majeur. Les résultats partagés en juin pourront nourrir les politiques publiques et les plans d’action à venir.
Questions fréquentes #
Quand et où se tient le colloque chlordécone 2026 ? +
Combien de chercheurs sont attendus ? +
Qu’est-ce que la chlordécone ? +
Quels sont les thèmes abordés ? +
Le grand public peut-il y assister ? +
Le colloque de juin 2026 marque une étape dans le suivi scientifique d’un dossier qui mobilise les Antilles depuis des décennies. En réunissant près de 300 chercheurs autour de la contamination des sols, des effets sanitaires et de la dépollution, il vise à consolider les connaissances et à éclairer les décisions publiques, sans préjuger des résultats qui seront présentés. Nous mettrons cet article à jour à mesure que de nouvelles informations officielles seront publiées.
Sources : organismes scientifiques publics et presse. Article mis à jour régulièrement.