« Off the record » (ou simplement « le off ») désigne une information confiée à un journaliste à condition qu’elle ne soit pas publiée, ou pas attribuée à son auteur. C’est un accord de confiance, pas un contrat : il repose sur la déontologie du journaliste et doit être conclu avant la confidence, jamais après coup.
Le off est un outil de travail quotidien, notamment en politique : il permet aux sources de parler librement et aux journalistes de comprendre les coulisses. Mais il a ses codes précis, que sources et journalistes doivent partager pour éviter les malentendus — et les brouilles.
| Niveau | Ce que le journaliste peut en faire |
|---|---|
| On the record (le « on ») | Tout publier, en citant nommément la source |
| Background / off d’attribution | Publier l’info sans nommer la source (« un proche du dossier », « une source ministérielle ») |
| Off complet | Ne rien publier : l’info sert seulement à comprendre ou à orienter des vérifications |
Le off est-il juridiquement contraignant ? #
Non. Aucune loi n’interdit de publier un off : c’est une règle d’honneur professionnelle. Un journaliste qui « grille » un off s’expose surtout à perdre sa source et sa réputation. Inversement, la source n’a aucun recours juridique spécifique si le off est violé — d’où l’importance de fixer les règles clairement avant de parler. En revanche, le secret des sources du journaliste, lui, est protégé par la loi française (loi du 4 janvier 2010) : on ne peut pas, sauf exceptions strictes, contraindre un journaliste à révéler qui l’a informé.
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Pourquoi les sources parlent-elles en off ? #
Pour informer sans s’exposer : un fonctionnaire qui signale un dysfonctionnement, un conseiller qui décrit une négociation, un salarié qui alerte sur son entreprise. Le off protège la source de sanctions, mais il peut aussi servir des stratégies : envoyer un ballon d’essai, nuire à un rival, tester une réaction. Le journaliste doit donc toujours se demander pourquoi on lui parle — et recouper.
Comment les rédactions l’utilisent-elles proprement ? #
Une information obtenue en off complet n’est jamais publiée telle quelle : elle sert de piste, à confirmer par d’autres sources ou des documents. Le off d’attribution, lui, apparaît dans les articles sous les formules classiques — « selon une source proche du dossier » — qui signalent au lecteur qu’une information est solide mais que son origine est protégée.
Littéralement « hors procès-verbal » : ce qui est dit n’est pas destiné à être enregistré ni publié. En français de rédaction, on parle du « off », par opposition au « on ».
En principe non : la règle se fixe avant la confidence. Un « c’était off » rétroactif n’engage pas le journaliste, même si beaucoup l’acceptent par entretien de la relation avec la source.
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Une personne réelle dont le journaliste connaît l’identité mais qu’il protège par une formule vague, conformément à un off d’attribution. Le lecteur doit faire confiance au sérieux du média sur la solidité de la source.
Non : la loi de 2010 le protège, mais il peut être levé à titre exceptionnel si un « impératif prépondérant d’intérêt public » le justifie, sous le contrôle du juge. Les atteintes au secret des sources font régulièrement débat.Que veut dire exactement « off the record » ?
Peut-on dire « c’est off » après avoir parlé ?
C’est quoi une « source proche du dossier » ?
Le secret des sources est-il absolu en France ?