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Grève à Radio France : nouvelle journée le 21 septembre, pourquoi l’affaire Charles Sapin divise France Inter

La grève contre la chronique de Charles Sapin à Radio France se poursuit : après les journées des dimanche 13 et lundi 14 septembre 2026, les personnels ont voté une nouvelle journée de grève pour le lundi 21 septembre, maintenue le jeudi 17 septembre en assemblée générale malgré une proposition de la direction de transformer l’édito en débat. Le mouvement demande toujours le retrait de ce billet politique hebdomadaire confié au directeur adjoint de la rédaction de l’hebdomadaire Valeurs actuelles — une chronique que la direction de Radio France refuse de supprimer. Lors du premier jour de grève, le 13 septembre, la chronique prévue vers 7h40 n’avait pas été diffusée, emportée avec le reste de la matinale, remplacée par de la musique.

Le conflit s’est noué en une semaine, entre la première diffusion de la chronique le dimanche 30 août et le dépôt du préavis le 3 septembre. Il oppose les personnels du groupe public, qui jugent ce recrutement incompatible avec les valeurs du service public, à une direction qui le défend au nom du pluralisme, à l’entrée d’une année électorale. Voici les faits, les dates et les positions en présence.

En bref #

  • Une nouvelle journée de grève est fixée au lundi 21 septembre, votée le mardi 15 et confirmée le jeudi 17 septembre en assemblée générale, après les deux premières journées des 13 et 14 septembre.
  • La direction de France Inter a proposé de « transformer cet édito en débat » ; la proposition a été rejetée : « Le problème n’est pas tant le format que Valeurs actuelles lui-même », selon une source syndicale citée par l’AFP.
  • La contestation vise la chronique politique du dimanche confiée à Charles Sapin, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, diffusée sur France Inter depuis le 30 août.
  • La chronique du dimanche 13 septembre n’a pas été diffusée : prévue vers 7h40, elle n’a pas pu passer à l’antenne du fait du mouvement ; la matinale du week-end a été remplacée par de la musique. Deux numéros seulement ont été diffusés à ce jour, les 30 août et 6 septembre.
  • Une motion votée à l’unanimité en assemblée générale le 2 septembre exprime un « refus catégorique » de cette arrivée ; la présidente Sibyle Veil maintient la chronique.
  • La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a mis en garde le 4 septembre sur RTL contre « la chasse aux sorcières ».

Chronologie : du 27 août au 21 septembre #

Date Événement Fait rapporté
27 août Premières réactions syndicales Le SNJ Radio France demande le retrait de la chronique ; le SNJ-CGT dénonce une « ligne rouge inacceptable ».
Dimanche 30 août Première diffusion Charles Sapin livre sa première chronique dans la matinale du week-end de France Inter.
Mercredi 2 septembre Assemblée générale Environ une centaine de personnels adoptent à l’unanimité une motion de « refus catégorique » et votent le principe d’une grève.
Jeudi 3 septembre Conférence de presse de rentrée Sibyle Veil maintient la chronique ; l’intersyndicale dépose un préavis de grève pour les 13 et 14 septembre.
Vendredi 4 septembre Réactions publiques Catherine Pégard réagit sur RTL ; la médiatrice de Radio France publie les réponses de la direction aux auditeurs.
Dimanche 13 septembre Premier jour de grève La chronique de Charles Sapin, prévue vers 7h40, n’est pas diffusée ; la matinale de France Inter est remplacée par de la musique. Rassemblement d’auditeurs à 14 heures devant la Maison de la radio.
Lundi 14 septembre Deuxième jour de grève Le mouvement se poursuit sur les antennes du groupe public, toujours sans chiffre officiel de grévistes.
Mardi 15 septembre Nouvelle journée votée Les personnels votent une nouvelle journée de grève pour le lundi 21 septembre.
Jeudi 17 septembre Proposition de la direction, grève maintenue Céline Pigalle propose de « transformer cet édito en débat » ; l’assemblée générale, réunie à la mi-journée, maintient la grève du 21 septembre.

Que s’est-il passé à Radio France ? #

Charles Sapin, journaliste politique passé par Le Point puis nommé directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, a été recruté pour un billet politique hebdomadaire sur France Inter, le dimanche dans la matinale du week-end, aux côtés d’autres éditorialistes présentés par la direction comme venant de « toutes tendances ». Sa première chronique a été diffusée le dimanche 30 août 2026.

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Le mercredi 2 septembre, lors d’une assemblée générale réunissant environ une centaine de personnels de Radio France, une motion a été adoptée à l’unanimité. Le texte, consulté par l’AFP et rapporté notamment par 20 Minutes, exprime le « refus catégorique » de l’arrivée de Charles Sapin à l’antenne et estime que son magazine porte des valeurs non « compatibles » avec celles du groupe public. La motion affirme que « le pluralisme ne peut servir de prétexte à la légitimation de toutes les paroles ».

Le lendemain, l’intersyndicale — CGT, CFDT, FO, SNJ, SUD et UNSA, selon les décomptes de presse — a déposé un préavis de grève pour les 13 et 14 septembre. La grève débute donc un dimanche, jour de diffusion de la chronique en cause.

Qui est Charles Sapin et quel est son rôle sur France Inter ? #

Charles Sapin est un journaliste politique. Il a travaillé au Point avant de rejoindre Valeurs actuelles, où il vient d’être nommé directeur adjoint de la rédaction. Dans un message cité par la presse au moment de sa nomination, il écrivait : « Après de belles années au Point, où j’ai beaucoup appris et rencontré des confrères précieux, je suis fier de rejoindre aujourd’hui Valeurs comme directeur adjoint de la rédaction ».

Sur France Inter, première radio de France en audience, il tient depuis le 30 août un billet politique chaque dimanche dans la matinale du week-end. Pour comprendre ce que recouvre ce rôle, voir notre repère : c’est quoi, un éditorialiste ?

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Ce que disent les syndicats #

Les organisations syndicales et les personnels mobilisés demandent le retrait de la chronique. Dès le 27 août, le SNJ Radio France avait réclamé ce retrait, en reprochant à Valeurs actuelles d’avoir participé à une campagne de dénigrement contre l’audiovisuel public, selon l’agence Anadolu. Le SNJ-CGT a dénoncé une « ligne rouge inacceptable ». En assemblée générale, un responsable syndical a lancé : « Le pluralisme, jusqu’où ? », selon 20 Minutes et l’AFP.

À l’appui de leur refus, les opposants rappellent que Valeurs actuelles, classé très à droite par l’AFP, a été plusieurs fois condamné en justice, notamment en 2021 après avoir dépeint en esclave la députée LFI Danièle Obono — le magazine était alors dirigé par Geoffroy Lejeune, passé depuis au JDD. Un autre syndicaliste cité par 20 Minutes a déclaré en assemblée générale : « On courbe la nuque devant ceux qui ont promis de nous décapiter », en référence aux accusations de partialité visant l’audiovisuel public et à la menace de privatisation du secteur portée par le Rassemblement national.

Ce que répond la direction de Radio France #

Lors de la conférence de presse de rentrée, le jeudi 3 septembre, la présidente de Radio France Sibyle Veil a déclaré : « Je comprends les réactions, les indignations […] l’émotion sincère car le service public appartient à tout le monde. Mais le service public n’est pas un champ de bataille, il n’est pas non plus un champ neutre et aseptisé. C’est une maison ouverte, indépendante et impartiale, et on fait tenir sur la même antenne des gens qui ne pensent pas la même chose, à l’image de notre pays. »

Céline Pigalle, directrice de France Inter, a expliqué sur le site de la médiatrice de Radio France : « Nous sommes aujourd’hui dans une société où la conversation s’est arrêtée ». Elle précise que Charles Sapin « proposera chaque semaine un regard qui sera celui d’un journaliste spécialisé » et ajoute : « Le racisme est un délit et il n’aura jamais sa place sur notre antenne. »

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Vincent Meslet, directeur éditorial de Radio France, a déclaré, selon Puremédias : « Le numéro deux de la rédaction d’un journal condamné par le passé pour injures racistes, sur l’antenne du service public, à l’entrée d’une année électorale : ce symbole, nous ne le minimisons pas », avant d’ajouter : « Regardons aussi l’autre symbole, celui que nous enverrions en reculant. » Sur le site de la médiatrice, il résume la position de la direction : « On ne condamne personne avant qu’il ait parlé. On ne passe rien après. »

La direction propose un débat, la grève du 21 septembre est maintenue #

Le jeudi 17 septembre, la directrice de France Inter Céline Pigalle a fait un pas en proposant de « transformer cet édito en débat », selon des modalités restant à définir, rapporte l’AFP via Orange Actu. La proposition n’a pas convaincu : réunie à la mi-journée en assemblée générale, l’intersyndicale a maintenu la journée de grève du lundi 21 septembre. « Le problème n’est pas tant le format que Valeurs actuelles lui-même », a expliqué une source syndicale à l’AFP.

Une source interne précise le point de blocage : « Ce que nous ne voulons pas, c’est que France Inter apporte sa validation à une présence hebdomadaire rémunérée » — autrement dit un billet régulier sous contrat, perçu comme un « partenariat » qui offrirait à l’hebdomadaire un « brevet de respectabilité ». À ce stade, seuls deux numéros de la chronique ont été diffusés, les dimanches 30 août et 6 septembre ; celui du 13 septembre n’a pas pu passer à l’antenne du fait de la grève. La présence de Charles Sapin est par ailleurs également contestée par la rédaction de franceinfo, où il doit aussi intervenir.

Ce que dit la ministre de la Culture #

Le vendredi 4 septembre, la ministre de la Culture Catherine Pégard a réagi sur RTL : « Le procès d’intention c’est quand même assez désagréable, la chasse aux sorcières c’est toujours désagréable et je pense que si on a choisi ce chroniqueur, il faut entendre ses propos », des propos qui ne doivent être « ni des propos de haine, ni des propos de combat politique », selon les mots rapportés par 20 Minutes.

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Elle a également estimé : « La maison de France Inter doit être ouverte […] Les éditorialistes sont là pour exprimer une opinion, la leur, pas celle forcément des journaux dans lesquels ils travaillent », avant d’ajouter : « J’observe que ce pluralisme est respecté dans la rentrée de France Inter » et que « pendant cette année électorale, il doit y avoir du débat ».

Dimanche 13 septembre : la chronique n’a pas été diffusée #

Le mouvement a produit son effet dès la première matinée. Prévue vers 7h40, la chronique hebdomadaire de Charles Sapin n’a pas pu être diffusée, « pas plus que les autres émissions de la matinale de France Inter, remplacées par de la musique », rapporte la dépêche reprise par Yahoo Actualités, d’après BFMTV. Le Huffington Post a titré de son côté, dimanche matin, que « la chronique de Charles Sapin de ce dimanche matin n’a pas été diffusée sur France Inter ».

Radio France l’a reconnu à l’antenne et sur ses sites, dans un message publié le matin même : « En raison d’un appel à la grève déposé par l’ensemble des organisations syndicales représentatives de Radio France demandant le retrait de l’antenne de France Inter d’un édito politique assuré par le Directeur adjoint de la rédaction de Valeurs Actuelles, nous ne sommes pas en mesure de diffuser l’intégralité de nos programmes habituels », peut-on lire sur franceinfo comme sur ICI. Le groupe ne publie en revanche aucun chiffre de grévistes ni aucune grille de remplacement détaillée : à ce stade, personne n’a communiqué de taux de participation.

L’intersyndicale à l’origine du préavis réunit la CFDT, la CGT, FO, le SNJ, SUD et l’Unsa. Elle avait appelé les auditeurs à un rassemblement le dimanche 13 septembre à 14 heures devant la Maison de la radio, à Paris. La grève s’est poursuivie le lundi 14 septembre, avant le vote d’une nouvelle journée pour le lundi 21.

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Et pour l’auditeur, concrètement ? #

Concrètement, un auditeur qui allume son poste un jour de grève — ce fut le cas les 13 et 14 septembre, et ce sera de nouveau possible le lundi 21 — peut tomber sur de la musique à la place d’une émission, sur des journaux raccourcis ou sur des programmes de remplacement, sans préavis horaire : le préavis couvre tout le groupe public — France Inter, franceinfo, France Culture, France Musique, FIP, Mouv’ et ICI. Les podcasts et les rediffusions déjà en ligne restent, eux, accessibles normalement. Ce mouvement s’ajoute à un mois de septembre déjà marqué par plusieurs conflits sociaux, notamment dans les transports.

Mini-FAQ #

Qui fait grève à Radio France les 13 et 14 septembre 2026 ?
L’intersyndicale du groupe public Radio France — CGT, CFDT, FO, SNJ, SUD et UNSA selon les décomptes de presse — a déposé un préavis pour ces deux jours, après une motion votée à l’unanimité en assemblée générale le 2 septembre.
Qui est Charles Sapin ?
Un journaliste politique, directeur adjoint de la rédaction de Valeurs actuelles, passé auparavant par Le Point. Il tient depuis le 30 août 2026 un billet politique chaque dimanche dans la matinale du week-end de France Inter.
Y aura-t-il une nouvelle grève à Radio France après les 13 et 14 septembre ?
Oui. Une nouvelle journée de grève a été votée pour le lundi 21 septembre 2026 et maintenue le jeudi 17 septembre en assemblée générale, malgré la proposition de la direction de France Inter de transformer la chronique de Charles Sapin en débat.
Les programmes de Radio France sont-ils perturbés les 13 et 14 septembre ?
Oui. Radio France a indiqué le dimanche 13 septembre au matin ne pas être « en mesure de diffuser l’intégralité de [ses] programmes habituels ». La matinale du week-end de France Inter a été remplacée par de la musique et la chronique de Charles Sapin, prévue vers 7h40, n’a pas été diffusée. Le mouvement se poursuit le lundi 14. Aucun taux de grévistes n’a été communiqué.

À retenir #

Le préavis de grève des 13 et 14 septembre 2026 à Radio France ne porte ni sur les salaires ni sur l’emploi : il demande le retrait d’une chronique. Les personnels, dans leur motion, jugent les valeurs de Valeurs actuelles non « compatibles » avec celles du service public ; la direction maintient son choix au nom d’une antenne qui fait « tenir […] des gens qui ne pensent pas la même chose » ; la ministre de la Culture appelle à « entendre ses propos » avant de juger. L’audiovisuel public dans son ensemble aborde cette année électorale sous le regard du public — côté télévision, France Télévisions mise notamment sur sa plateforme gratuite france.tv. Après deux journées de grève et une proposition de compromis rejetée, le rapport de force reste inchangé : la chronique n’a pas été diffusée le 13 septembre, mais elle n’a pas été retirée de la grille. Prochains rendez-vous : le dimanche 20 septembre, date du prochain billet prévu, puis le lundi 21 septembre, troisième journée de grève votée par les personnels.

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