Gabriel Attal et les gens du voyage : que propose le candidat contre les installations illégales ?

Gabriel Attal, candidat à l’élection présidentielle de 2027, propose de durcir la réponse de l’État face aux installations illégales de gens du voyage : déclaration préalable renforcée « sur le modèle des manifestations », registre national obligatoire dès vingt caravanes, facturation systématique des emplacements et des branchements sauvages, référé en 48 heures pour les évacuations et saisie des véhicules. L’ancien Premier ministre a détaillé ces mesures dans un entretien au Figaro, repris par franceinfo, publié le lundi 3 août 2026, avant un déplacement en Vendée le mardi 4 août. Sa ligne tient en une phrase : « Prévenir les installations, faire payer les occupants et prononcer des sanctions fermes et exemplaires. »

En bref

  • Gabriel Attal veut une déclaration préalable détaillée pour les convois : itinéraire, communes traversées, dates d’arrivée et de départ, nombre de véhicules, responsable du convoi, besoins en eau et en électricité, assurance.
  • Il propose un registre national obligatoire dès vingt caravanes, qui permettrait de refuser un convoi « qui accumule les délits ».
  • Il veut faire payer les occupants : emplacements « facturés au minimum au prix d’un camping », branchements sauvages « intégralement facturés et assortis de pénalités ».
  • Les réactions sont vives : l’ADGVC 44 dénonce une « instrumentalisation », Jean-Luc Mélenchon critique un « show », tandis que des maires vendéens réclament des outils supplémentaires.

Un déplacement en Vendée aux allures de campagne #

Le mardi 4 août 2026, l’ancien Premier ministre s’est rendu à Saint-Hilaire-de-Riez, Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Saint-Jean-de-Monts, accompagné du député de la 3ᵉ circonscription de Vendée, Stéphane Buchou. Selon France 3 Pays de la Loire, il a rencontré dans la matinée des élus locaux, des agriculteurs et des chefs d’entreprise, avant d’échanger avec les occupants d’un camp installé sur un terrain agricole de Saint-Jean-de-Monts.

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François Blanchet, maire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, a indiqué que son agglomération avait reçu plus de 900 caravanes cet été, et que des plaintes pour dégradations avaient été déposées. Devant les élus, Gabriel Attal a déclaré vouloir « créer un vrai électrochoc » et « que la peur change de camp », afin que ce ne soit plus, selon lui, aux collectivités et aux agriculteurs de s’adapter.

Ce que Gabriel Attal propose, point par point #

Premier volet : renforcer les déclarations préalables aux installations, « sur le modèle des manifestations ». Le candidat veut y faire figurer l’itinéraire, les communes traversées, les dates d’arrivée et de départ, le nombre de véhicules, le responsable du convoi, les besoins en eau et en électricité, ainsi que l’assurance.

Deuxième mesure : « la création d’un registre national obligatoire dès vingt caravanes ». Selon lui, ce registre permettrait de refuser une installation à un convoi « qui accumule les délits » lors d’un passage précédent.

Troisième volet, financier : il promet que « les emplacements seront facturés au minimum au prix d’un camping, comme s’en acquittent tous les Français », et demande que les branchements sauvages soient « intégralement facturés et assortis de pénalités ». Chaque convoi devrait par ailleurs désigner un responsable « au pénal et au civil », selon un principe qu’il résume ainsi : « Tu dégrades, tu paies ».

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Enfin, toujours selon France 3, il souhaite « mieux expulser », avec un dispositif de référé en 48 heures devant la justice, et « mieux sanctionner », avec des amendes plus lourdes et la saisie des véhicules. « Je respecte tous les modes de vie, mais tous les modes de vie doivent respecter la loi de la République », affirme-t-il dans Le Figaro, où il qualifie les installations illégales de « pur scandale ».

Ce que le droit prévoit déjà #

Ces propositions s’inscrivent dans un cadre juridique déjà dense. La loi n° 2000-614 du 5 juillet 2000, dite loi Besson, impose aux communes de plus de 5 000 habitants de réaliser les aires d’accueil prévues par un schéma départemental : l’équilibre voulu par le législateur repose à la fois sur une obligation d’accueil et sur la possibilité de faire cesser les stationnements illicites.

Sur le plan pénal, la loi n° 2018-957 du 7 novembre 2018 a doublé les peines du délit d’installation en réunion sur le terrain d’autrui (article 322-4-1 du code pénal) : un an d’emprisonnement et 7 500 euros d’amende, contre six mois et 3 750 euros auparavant, avec une amende forfaitaire délictuelle de 500 euros. Elle prévoit aussi une information préalable du préfet de région pour les groupes de plus de 150 résidences mobiles, et une procédure d’évacuation administrative sur mise en demeure du préfet existe déjà.

Dernière étape en date : le 10 février 2026, le Sénat a adopté par 235 voix contre 101 la proposition de loi du sénateur Damien Michallet, qui rend l’évacuation forcée obligatoire lorsque les conditions sont réunies et porte l’amende forfaitaire de 500 à 1 000 euros. Ce texte a été transmis à l’Assemblée nationale, où il n’a pas encore été examiné.

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Ce que Gabriel Attal proposeCe que le droit prévoit déjà
Déclaration préalable détaillée « sur le modèle des manifestations » (itinéraire, communes, dates, véhicules, responsable, eau, électricité, assurance)Information préalable du préfet de région pour les groupes de plus de 150 résidences mobiles (loi de 2018)
Registre national obligatoire dès 20 caravanes, opposable aux convois « qui accumulent les délits »Aucun registre national de ce type n’existe à ce jour
Emplacements facturés « au minimum au prix d’un camping », branchements sauvages facturés et assortis de pénalitésSanctions pénales de l’article 322-4-1 du code pénal ; pas de facturation systématique prévue par la loi
Référé en 48 heures devant la justice pour accélérer les évacuationsMise en demeure préfectorale puis évacuation ; le texte Michallet voté au Sénat veut rendre l’évacuation obligatoire
Amendes plus lourdes et saisie des véhiculesUn an de prison et 7 500 € d’amende depuis 2018 ; amende forfaitaire de 500 €, que le Sénat propose de porter à 1 000 €

Associations et opposants réagissent #

Christophe Sauvé, secrétaire général de l’Association départementale des gens du voyage citoyens de Loire-Atlantique (ADGVC 44), dénonce auprès de France 3 une « instrumentalisation » des stationnements illicites liés aux grands passages. « Les gens du voyage, comme d’habitude, nous sommes les boucs émissaires », déclare-t-il, avant de rappeler : « Il faut rappeler quand même que les gens du voyage sont des citoyens français. » Selon lui, le nombre d’aires d’accueil et de terrains de grands passages reste insuffisant au regard de ce que prévoient les schémas départementaux, et il demande que les communes qui ne respectent pas leurs obligations d’accueil soient elles aussi visées.

Sur le terrain politique, Jean-Luc Mélenchon a critiqué le déplacement dès le lendemain, selon Le JDD : « Il n’est pas venu régler un problème, mais l’envenimer. À quoi bon ce show ? » Gabriel Attal lui a répondu en revendiquant son ancrage local : « Je suis élu local depuis 2014 dans ma commune. De votre côté, en 63 ans de mandats cumulés, quels problèmes concrets avez-vous réglés ? »

Un dossier désormais suspendu au calendrier parlementaire et électoral #

D’un côté, des élus locaux demandent des moyens d’action supplémentaires contre les occupations illicites ; de l’autre, des associations rappellent que les obligations d’accueil fixées par la loi Besson ne sont pas remplies partout. Entre les deux, le texte Michallet attend son examen à l’Assemblée nationale, tandis que les propositions de Gabriel Attal relèvent, elles, de son programme de candidat, dans une campagne où les sondages le placent au coude-à-coude avec Édouard Philippe.

Mini-FAQ #

Que propose exactement Gabriel Attal contre les installations illégales ?

Il propose une déclaration préalable renforcée sur le modèle des manifestations, un registre national obligatoire dès vingt caravanes, la facturation des emplacements au minimum au prix d’un camping, la facturation des branchements sauvages assortie de pénalités, la désignation d’un responsable de convoi au pénal et au civil, un référé en 48 heures pour les évacuations et la saisie des véhicules.

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Que prévoit déjà la loi contre les installations illicites ?

La loi Besson du 5 juillet 2000 impose des aires d’accueil aux communes de plus de 5 000 habitants. La loi du 7 novembre 2018 punit l’installation en réunion sur le terrain d’autrui d’un an de prison et 7 500 euros d’amende, avec une amende forfaitaire de 500 euros, et une procédure d’évacuation sur mise en demeure du préfet existe. Le Sénat a voté en février 2026 un texte qui durcit encore ce cadre, en attente à l’Assemblée nationale.

Comment les associations et les autres politiques ont-ils réagi ?

L’ADGVC 44 dénonce une « instrumentalisation » et des « boucs émissaires », en rappelant que les gens du voyage sont des citoyens français et que les aires d’accueil prévues par la loi manquent. Jean-Luc Mélenchon a accusé Gabriel Attal de venir « envenimer » le sujet, ce à quoi le candidat a répliqué en l’interrogeant sur son bilan d’élu.

À retenir #

Gabriel Attal fait des installations illégales de gens du voyage un marqueur de sa campagne pour 2027, avec des propositions qui durcissent un cadre déjà renforcé en 2018 et que le Sénat a de nouveau musclé en février 2026. Les associations de gens du voyage dénoncent une stigmatisation et rappellent que les obligations d’accueil des communes, elles, restent inégalement appliquées. La suite se jouera à l’Assemblée nationale, avec l’examen du texte Michallet, et dans le débat présidentiel.

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